Sur le torse il y avait deux rangs qui supportaient au total 20 cacahuètes
de métal, 10 du coté droit étaient en or et l'autre
moitié d'argent. Ce premier indice d'une symbolique dualité
ou bipartition résulte une constance importante entre les autres
objets rituels des enterrements.
Ainsi, un lingot d'or reposait sur
la main droite et un autre identique mais de cuivre sur la main gauche.
La droite soutenait, de plus, le plus précieux symbole du pouvoir
et de la hiérarchie de la terre : une sorte de sceptre et un
couteau couronné par une magnifique pyramide incrustée
d'or en relief dans lesquels un chef guerrier richement vêtu
prenait un prisonnier par les cheveux et dirigeait avec l'autre main
un maillet ers son visage. Cette représentation fait référence
à la capture, au supplice et au sacrifice des prisonniers de
guerre mochica. Dans la main gauche, il y avait un couteau d'argent
avec la même image sculpté en tout petit.
À la hauteur du cou se trouvait un collier avec 7 sphères
d'or et sur la poitrine un couteau, toujours en or, vers la droite,
et un autre, d'argent vers la gauche : dualité et équilibre
qui symbolisent l'occident et l'orient, le jour et la nuit, le pur
et l'impur, la vie et la mort, le Soleil et la Lune, le positif et
le négatif et tout ce qui résulte contradictoire est
complémentaire.
Sous le corps surgit dans toute sa splendeur le grand diadème
semi-lunaire : une feuille d'or de 62 centimètres de larges
et de 42 centimètres de haut, qui apparaissait seulement dans
l'iconographie mochica, lié aux personnages les plus haut placés
qui reçoivent honneurs et offrandes. Derrière un banc
de bois furent déposés deux instruments semi-circulaires
d'or, finement gravés avec la figure d'une des plus notables
divinités des moche : le Ai-apaec ou coupeur de tête,
tenant dans ses mains un couteau et une tête humaine.
Comme on peut le supposer, d'autres objets furent retirés de
sous le corps du seigneur, qui, on pense, mourut entre 35 et 40 ans.
Autour du cercueil on découvrit les restes de deux femmes de
moins de 20 ans, qui probablement furent les épouses ou les
favorites de leur maître. Une d'elles portai sur sa tête
une couronne de cuivre et sa tête était dirigée
vers l'Ouest, l'autre était dans une position totalement opposée.
À leurs cotés, on trouva les squelettes de deux hommes
qui regardaient vers le haut. Un écusson, des chapeaux de cuivre
et un couteau de guerre donnaient l'impression que l'un d'eux était
un guerrier.
L'autre était dans une position contraire, avec
un pectoral de coquillages, et à coté de ses jambes
le squelette d'un chien. Serait-il le domestique du seigneur ? Finalement
deux lamas furent les premiers sacrifices mis dans la chambre.
Sur trois cotés se trouvaient 5 niches avec à l'intérieur
212 plats de céramique et de la nourriture donnée en
offrande, généralement des pots dont les sculptures
représentaient des personnages assis et quelques guerriers
dans une position organisés qui fait penser à la scène
d'un rituel.
Pendant deux ans Sipán a parcouru les principaux musées
nord-américains et européens. Il a été
vu par 4 millions de personnes, a permis de faire progresse la connaissance
des cultures aborigènes d'Amérique et a provoqué
une réévaluation de tout le sens du monde indigène.
Avec Sipan, la culture Mochica à commencer à occuper
pour les Nord-américains, la même position que les Incas,
les mayas ou les Aztèques.
Les Mochica, au travers de leur céramique et de leur orfèvrerie
ont eut des périodes esthétiques pouvant être
estimées comme n'importe quel autre art classique. Une céramique
Mochica est une oeuvre parfaite.
La culture Mochica s'est développée
entre le Ier et le IVeme siècle de notre ère sur toute
la cote péruvienne. Ce fut une culture très vitale,
avec une exquise sensualité que l'on ne trouve pas dans les
autres cultures. Cette force ne fut autre chose que le reflet de l'extraordinaire
vitalité du peuple mochica.
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