L 'objectif est rempli
: Les
parapentistes
et aladeltistas participants du premier festival eco-sportif d'aventure
Cotahuasi 2001 -organisé par l'association latino-américaine
des sports d'aventure (ALDEA) et l'association Nam Perou, ont osé
usurper le territoire des condors, pour prouver que les cieux du canyon
le plus profond du monde (province de la Union, Arequipa) sont adaptés
à la pratique du vol libre.
Ce
n'est pas pour être rabat-joie ou pessimiste mais tout est
inutile, monsieur. La mauvaise herbe ne meurt jamais, personne n'a
donc jamais écouté le proverbe.
Les
proverbes sont plus véridiques que toutes les vérités
ensembles, disait mon défunt père qui était
un sage, mais sa sagesse n'est pas ce dont on doit discuter, cette
histoire viendra plus tard, pour le moment le problème est
tout autre.
Il n'y a pas de solution. Regarde ce jeune homme qui ne sait même
pas donner un bon coup de couteau. Il frappait d'un coté
et allait de l'autre. L'herbe tombait à mes pieds
mais
pas la mauvaise herbe, celle la ne meurt jamais, ils s'efforcent
pour rien, la zone ne va être libérée ni de
la poussière ni de la paille.
Ce n'est pas que je sois négatif, je le répète
encore pour qu'il n'y ait pas de doute, mais franchement et sans
mauvaises intentions, je vous dis que ces jeunes, comment vous dites
qu'on les appelle, para, para
ah oui, parapentistes et aladeltistas
-ne vont même pas voler deux mètres, comme ça
les défricheurs terminent de couper toute cette herbe -la
bonne et la mauvaise- du coteau Huayñau.
J'en suis si sur que si j'avais de l'argent je parierai, mais je
n'ai pas un centime et en plus, mon papa, qui était un sage
je vous l'ai déjà dit ? me répéta plus
de cent fois que s'acharner était mieux que parier, bon,
ce que je voulais vous dire c'est qu'il n'y a pas assez de vent
et que sans vent on ne peut pas voler ou est-ce que vous cachez
un moteur quelque part ?
Je vous avoue que je n'aimerais pas avoir raison, parce qu'au fond
ils me font de la peine tous ces jeunes gens. Imaginez, venir jusqu'ici
aussi chargés et à l'heure ou se lèvent les
poules, ne rien faire ; enfin, ils peuvent quand même profiter
du paysage. C'est beau, n'est ce pas. Regardez les montagnes toutes
vertes ou désertes, les champs rouges pour les cultures de
kiwicha... ah, Cotahuasi, mon village, d'ici on dirait un tableau.
Mon défunt papa, ne riez pas je ne vous dirai plus que c'était
un sage, me racontait qu'il y a des milliers d'années, ces
terres étaient habitées par des diables très
mauvais : le Waraka Aya (le souffle de la mort), et le Wama Rupaj
(l'oiseau de feu), qui faisait bouillir les eaux des fleuves, il
disait aussi que les Chancas régnèrent jusqu'au XIIIeme
siècle, quand la région fut envahie par les armées
de l'Inca Capac Yupanqui.
Enfin, je m'égare en faisant remonter à la surface
tous ces souvenirs. Qu'est-ce qui se passe pourquoi êtes-vous
aussi silencieux ?
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